1ère Expérience en tant que Marchand de biens et pas des moindres !


Marchand de biens / mardi, janvier 8th, 2019

Témoignage des déboires techniques qui peuvent se présenter sur une opération à défaut d’analyse globale suffisamment pointue.

J’ai acheté dans une copropriété de 8 lots, un 3 pièces en RDC composé d’une loge de gardien et d’un 2 pièces attenant. Il avait besoin d’être rénové après quasiment 40 années sans occupant.

Les travaux avançaient correctement jusqu’au jour où l’entrepreneur a déposé le sol vinyle. Il m’a fait part de son inquiétude en voyant une fissure importante et bombée au sol.

Dès le lendemain, nous sommes allés à 3 : l’entrepreneur, un copropriétaire membre du conseil syndical et moi-même voir les caves et inspecter les plafonds.

En voyant le mauvais état du plafond des caves, je me suis dit que je n’avais pas remarqué à quel point le tout était dégradé. L’agence immobilière n’avait pas les clés pour accéder aux caves lors des 2 premières visites et la 3ème visite s’est déroulée sans électricité donc impossibilité de voir correctement.

La porte de la cave juste en dessous de mon appartement était en très mauvais état, ne tenait plus que par un seul gond rouillé, les 2 autres étant cassés. Il n’y avait pas de verrou, ni chaine.

Nous sommes rentrés à l’intérieur et avons vu l’état très avancé de dégradation. Il a donc été décidé entre nous 3 d’étayer en urgence dès le lendemain, ce qui a été fait. De mon côté, j’ai prévenu le syndic qu’une réunion urgente s’imposait avec photos à l’appui.

La gérante de notre copropriété était en vacances et ce n’est que 10 jours après l’envoi de mon mail qu’elle m’a contacté. Quelle ne fut pas ma surprise quand elle m’a demandé la nature exacte des travaux (elle pensait que j’avais touché à un mur porteur) et qu’elle m’a annoncé que le propriétaire de la cave souhaitait me poursuivre en justice pour violation de domicile. Il demandait par ailleurs des dommages et intérêts et exigeait la réparation du plafond de sa cave !

J’ai fait immédiatement appel à un expert en bâtiment. Il m’a confirmé que les poutrelles en métal étaient à l’état de mille-feuille (stade ultime de la corrosion) lié à une très mauvaise ventilation des caves et du non entretien de celles-ci depuis 120 ans. L’effondrement était imminent. J’ai dû faire stopper les travaux dans la foulée de son expertise.

Par la suite, c’était à un bureau d’étude structure de mener son expertise et de prescrire ses recommandations.

Je me suis fait aidée d’une avocate experte en immobilier. Nous avons mis en demeure le syndic d’agir, de faire venir un bureau d’étude structure, sinon nous allions démontrer une négligence de la part du syndic.

Le syndic a d’abord envoyé un architecte, qui a confirmé la nécessité de faire appel à un bureau d’étude.

Le tout a pris du temps et les travaux de l’appartement ont été suspendu pendant plus de 3 mois.

Les copropriétaires étaient assez hargneux de subir les travaux et maintenant j’allais leur imposer des coûts de rénovation des caves alors que tous étaient ravis de ne jamais payer de travaux pour leur immeuble. Le syndic nous a réuni lors d’une AGE pour voter les travaux de soutènement des caves. Un des copropriétaires m’a demandé qu’allait-il se passer si le résultat du vote était un refus des travaux.

Je leur ai annoncé que j’allais faire venir l’architecte de la ville et faire déclencher une procédure de péril si nécessaire. En plus je leur demanderai des dommages et intérêts puisque tous les travaux étaient stoppés et que cela me subissait une perte financière.

Heureusement, le vote des travaux de soutènement des caves a été approuvé mais c’était bien sûr un cout supplémentaire pour ma société.

D’autre part, vendre un appartement avec une cave et un couloir avec des étaies s’est révélé difficile. La vente a pris plus de temps. Les étaies mises en place assuraient la sécurité et ceci veut dire que la situation était prise en charge mais dans la tête d’un acquéreur cela renvoie un signe très négatif.

L’opération a donc pris 5 mois de plus qu’elle n’aurait due et a entrainé des frais supplémentaires.

Aussi pour le second achat, je commencerai toujours par visiter les caves !

MB (IDF)

Récit vérifié